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Octobre 1987

Mercredi 14 octobre

1. Le matin, je rends visite à Sa Sainteté le patriarche Zakka. Je lui remets mes mémoires sur Soufanieh. Il est la première personne à les lire intégralement. C'est de ma part un profond geste de confiance filiale. Je le prie, si son temps le lui permet, de les lire, de bien vouloir noter ses remarques pour que je puisse en tenir compte en cas de publication. Je l'assure que je suis décidé à les publier en Europe d'abord, puis en Syrie. Je me sens dans l'obligation de publier mon témoignage, quoiqu'il m'en coûte... Sans vouloir pour autant blesser quiconque, je tiens à dire ce que j'ai vu et entendu.

De cette entrevue, je retiens par ailleurs les points suivants concernant Soufanieh:

- Sa Sainteté a bien visionné les vidéocassettes de Soufanieh, dans son bureau même et en présence d'amis. Elle en a été très impressionnée. Elle considère le Phénomène comme surnaturel et divin. Elle ne cache pas d'ailleurs son opinion à ses amis.

- Il est entendu que je lui rendrai visite dès mon retour à Damas, en compagnie du P. Malouli, puis de Myrna et de Nicolas. Le patriarche Zakka dit, à propos de Myrna, après avoir vu les vidéocassettes, qu'elle est "une gosse".

- Cette fois-ci, Sa Sainteté me donne l'accolade en signe d'adieu comme elle l'a fait en m'accueillant. L'entrevue dure une heure.

2. Lors de la prière du soir à Soufanieh, je fais mes adieux aux personnes de l'entourage, me confiant à leur prière et leur disant les buts de mon voyage : le traitement médical et la prise de contacts pour Soufanieh. Je les assure de mon union de prière.

3. Le soir, je vais dire au revoir à mon ami Samir Salomon et à sa femme Nezha Élias. Quelle n'est pas ma "surprise" d'apprendre que l'image de Notre-Dame de Soufanieh qui se trouve dans leur chambre à coucher, a suinté de l'huile, un jour où Samir étouffait d'angoisse et priait: sa mère venait de se casser un bras, son frère Riad était tombé de l'échafaudage du chantier, Nezha, sa femme, souffrait de la glande thyroïde et de troubles cardiaques, et lui-même était victime à nouveau de douleurs aiguës dues à un ulcère à l'estomac. Il a prié longuement. Tout à coup, il a vu de l'huile couler du doigt de Jésus, et couvrir la poitrine de Marie.

Je suis heureux pour Samir et Nezha. Je prie avec eux devant l'image, nous chantons. Avant de les quitter, je leur demande de donner leur témoignage par écrit.

Jeudi 15 octobre

C'est mon ami Fadi Touma qui me conduit à l'aéroport. Nous passons d'abord par Soufanieh. J'exprime mes voeux à Myrna et à Nicolas pour le premier anniversaire de leur fille Myriam. Je leur prends une bonne quantité d'images, grandes et petites.

Myrna nous raconte cette anecdote significative, qui lui est arrivé à la frontière jordanienne, le 17 août précédent, quand elle était allée à Amman. Un inspecteur de douane a ouvert l'une des valises et en a retiré une grande image de la Vierge, sans rien lui dire. Questionné par Myrna sur la raison de son geste, il lui répond spontanément:

- Elle n'est pas que ta Mère, elle est aussi notre Mère!

Avant de me rendre à l'aéroport, je passe chez les Pères lazaristes, où le P. Malouli m'attend, pour me remettre un petit flacon d'huile.