80

Une belle et vieille surprise ignorée

Le mercredi 24 juin, dans la matinée, je me trouve à l'archevêché grec-catholique d'Alep, en visite chez mon ancien professeur, Mgr Néophyte Édelby.

Naturellement, nous en venons à parler de Soufanieh. Voici en bref ce que nous nous disons :

1. Monseigneur m'explique pourquoi il ne m'a pas envoyé le témoignage écrit que je lui ai demandé à propos de l'huile qui a coulé d'une image de Notre-Dame de Soufanieh, dans la maison de son paroissien, M. Émile Alaja, fait qu'il m'a lui-même raconté deux ans auparavant et dont il a été lui-même témoin. Membre du comité de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il n'a pas le droit de donner son avis personnel. Il semble que tout membre soit tenu d'en faire autant. Je connais assez Mgr Édelby pour lui faire confiance, tout en sachant que le poids de son témoignage, même pour une chose "banale", n'est pas chose banale.

2. Monseigneur demande les dernières informations sur Soufanieh.

3. Il s'étonne que l'on n'ait rien écrit jusqu'à ce jour et m'engage à le faire.

4. Je demande à Mgr Édelby s'il est nécessaire, pour la publication de mon témoignage personnel, de demander l'Imprimatur. Sa réponse est : non.

Quittant le bureau de Mgr Édelby, j'entre voir son secrétaire, mon ancien professeur de séminaire, le P. Germanos Masri. Interrogé sur Soufanieh, je dis au P. Masri les derniers événements.

C'est alors que lui-même me fait la surprise de me raconter un fait qui lui est arrivé en 1984 et que nous ignorons complètement à Damas. D'ailleurs, des faits surprenants qui se sont passés ici ou là sont très nombreux et nous en avons connu un bon nombre par pur "hasard" J'en réclame au P. Masri le témoignage écrit.

Quelques jours plus tard, je le reçois en double exemplaire : arabe et français.

ÉCHOS DE MA PREMIÈRE VISITE À SOUFANIEH

Après la mort du P. Georges Jeanbart, religieux basilien aleppin, dernier curé grec-catholique sédentaire au Soudan, j'avais pris l'habitude, pendant près de quinze ans, de m'y rendre pour y séjourner pendant les mois de mars, avril et mai, pour faire office de curé de paroisse et m'occuper des besoins spirituels de nos fidèles orientaux, et leur assurer les services liturgiques et les divers sacrements dont ils ont besoin.

En l'année 1984, profitant de mon séjour à Damas, dans l'attente du départ de l'avion, j'ai fait une visite à Mme Myrna Nazzour à Soufanieh. Elle me reçut avec sa bienveillance habituelle, et m'apprit que les PP. Zahlaoui et Malouli venaient de terminer, depuis quelques instants, l'office de la Paraclisis qu'ils ont l'habitude de réciter tous les jours devant une assistance nombreuse.

Je lui ai fait part de mon prochain voyage au Soudan, et de l'insistance de mes paroissiens, là-bas, pour que j'effectue cette visite pour leur porter les dernières nouvelles concernant les apparitions de Soufanieh, ainsi que des suintements d'huile de l'Icône de la Vierge et des mains de Mme Myrna Nazzour. Ayant apporté avec moi un morceau de coton hydrophile, j'ai exprimé mon désir d'essuyer les paumes des deux mains de Myrna avec ce coton. Elle acquiesça volontiers, tout en reconnaissant qu'elles étaient sèches et non humectées d'huile. Puis, j'ai remis soigneusement ce coton dans un petit sac plastique et le mis dans mon portefeuille.

Le premier dimanche, après mon arrivée à Khartoum, j'ai décidé de relater ma visite à Soufanieh, dans le petit mot que j'ai l'habitude de dire après l'évangile de la messe du soir. J'ai terminé par ces mots : «Je vous ai rapporté de cette visite un morceau de coton avec lequel j'ai essuyé les paumes des deux mains de Myrna qui étaient sèches. »

A la fin de la messe, une foule de gens m'attendait à la porte de l'église pour avoir une petite parcelle de cette ouate bénie. Je m'attendais à la voir plus sèche encore que le jour où je l'avais placée dans mon portefeuille. Quelle ne fut pas ma stupéfaction de la retrouver de couleur jaune foncé et tout imbibée d'huile ! Tout le monde a eu sa petite part.