Soufanieh: Un cas mystique d'Unité Chrétienne - Dr Philippe Loron
Les découvertes de la neurologie et les constatations de la psychologie corroborent un aspect éducatif essentiel à proposer pour que chacun aboutisse à la réalisation constructive de sa vie dans l'accomplissement de ses talents.
Le cerveau devrait être le siège de la rencontre harmonieuse de deux formes de "logiciels" qui semblent habituellement s'exclure: celles de la rationalité et de l'intuition. Des clés pédagogiques thérapeutiques, voire spirituelles par le pardon favorisent cet équilibre qui tend à une unification correspondant à la dimension "cœur".
La Bible, les enseignements de certaines figures de l'église recèlent des applications de ces principes qui introduisent à la dimension de l'âme et à sa perception d'un sens moral allant vers la rencontre respectueuse des autres. Cependant, les schismes, la séparation des chrétiens, schématiquement entre orient et occident, ou au sein de l'occident, rendent toujours nécessaire l'Unité du Corps de l'Église "Qu'ils soient un", selon la prière sacerdotale.
Le cas d'une arabe chrétienne (Myrna Nazzour), contemporaine, habitant à Damas (Soufanieh) offre un signe remarquable de cette unité souhaitable qui devra permettre de mieux témoigner à tous de l'identité de Jésus, Fils du Père, Messie Sauveur du monde: notamment en célébrant ensemble la Fête de Pâques.
J'aborderai trois points :
1.Myrna réunit les traditions mystiques orientale et occidentale.
2.Myrna a vécu un signe analogue au terrassement de Saül sur le chemin de Damas.
3. L'image de Notre-Dame de Soufanieh, est une reproduction de l'icône miraculeuse Notre-Dame de Kazan telle une annonce silencieuse de la conversion de la Russie et de l'unité de l'église, en relation avec le message de la Vierge Marie à Fatima.
Ici dans cette modeste maison, dont les pièces donnent sur un patio central, en plein quartier chrétien de Soufanieh à Damas, Myrna, Nicolas et leurs deux enfants témoignent de la consécration de la famille voulue par Dieu. Le mariage est un sacrement : il invite à l'amour par le don de soi et le rayonnement de la charité. L'accueil permanent à la prière, jour et nuit, dans la gratuité totale, est au-delà même de l'exemple : c'est de la "provocation divine". Myrna est toute simple, normale, sans aucune affectation ni comportement hystérique.
Sa maturité et son enfance spirituelle peuvent en étonner plus d'un. Elle rejoint la disponibilité de cœur et la confiance de Sainte Thérèse de L'Enfant-Jésus.
Les phénomènes extraordinaires qui surviennent sur l'image de Soufanieh et chez Myrna, font de celles-ci un signe tangible d'unité dans la tradition mystique. En effet, les orthodoxes reconnaissent en divers endroits, et à plusieurs époques, des exsudations d'huile et/ou de parfum (pensons à "l'odeur de sainteté"), d'icônes ou de pans de murs d'Églises. Outre les nombreuses images qui suintent de l'huile d'olive, Myrna est elle-même icône vivante miraculeuse lorsque l'huile exsude de son visage, surtout en extase, où elle devient figée. En avril 1990, au cours de l'extase avec le Christ, son bras droit était replié, avec l'attitude de la main bénissante, l'index et le majeur légèrement croisés en X - pour signifier le Chi, première lettre grecque du Christ.
Quant à la tradition mystique catholique occidentale, Myrna l'illustre par deux aspects : d'une part les cinq apparitions de la Vierge Marie sur le balcon, où Myrna pouvait La voir, L'entendre et parfois La toucher (comme pour les apparitions en d'autres endroits du monde catholique: à Medjugorje par exemple, où les apparitions furent particulièrement étudiées scientifiquement : [voir les numéros 4 et 5 du journal de l'association des Deux Cœurs]) ; d'autre part, ses quatre stigmatisations, notamment celles du Jeudi-Saint des années 1984, 1987, et 1990, quand la date de la fête de Pâques était commune aux Orthodoxes et aux Catholiques.
Signe d'unité mystique, par le cœur et non par l'intellect, Myrna,
en sa seule personne, réunit d'une façon vivante et actuelle
les deux traditions Catholique et Orthodoxe, occidentale et orientale,
surtout du deuxième millénaire chrétien. Ce point
serait sans doute à développer, théologiquement parlant.
On pourra relever cet épisode étonnant de la conversion de Saint Paul survenue à l'approche de Damas (Actes 9, 3-8), et établir une relation avec la prophétie du Pape Pie X concernant la France. Trois jours durant il resta sans voir ne mangeant et ne buvant rien (V. 8-9). Lors de la rencontre avec Ananie, "Aussitôt il lui tomba des yeux comme des écailles et il recouvra la vue" (v. 18).
N'avons-nous pas besoin, à notre époque sophistiquée et envahie par l'image des écrans, de réellement voir Dieu ? Ne croyons-nous pas bien faire, comme Saül lorsqu'il persécutait les premiers chrétiens, en nous conformant à notre monde moderne, qui se précipite dans une mondialisation basée sur l'argent ?
Myrna, lors des extases avec le Christ, précédées d'effusion d'huile aux yeux, sur le visage et sur les mains, voit surtout une grande lumière éclatante comme pour Saint Paul et parfois la silhouette lumineuse du Christ : elle ne perçoit plus le monde environnant. Or, en novembre 1984, à la suite d'une extase, elle resta dans une cécité lumineuse durant trois jours et, comme Saint-Paul sans manger ni boire. Elle reçut le dernier jour une communion mystique. Myrna expliqua qu'elle ne pouvait voir autour d'elle à cause de l'éclat d'une lumière intense.
Mais, contrairement à Saint Paul, Myrna est déjà convertie à la foi en Jésus-Christ. Elle offre ainsi à tous ce signe de la conversion de Saint Paul, fêtée le 25 janvier.
Sa foi sera même manifestée concrètement durant ces trois jours de lumière constante. En effet, à plusieurs reprises, elle remarqua et montra sans hésitation des objets religieux bénis (crucifix, images saintes, chapelets) mais resta indifférente s'ils n'étaient pas bénis. "C'est, dit-elle, parce qu'ils apparaissent encore plus lumineux !" L'absence de conversion n'est-elle pas un aveuglement par rapport à la lumière du Christ ?
A la fin de ces trois jours, Myrna régurgita quatre fois un peu
d'huile très parfumée dont l'odeur rappelle l'une des huiles
liturgiques du rite byzantin. Puis, elle recouvra la vue. Saint Paul, lui,
avait été immédiatement baptisé et avait reçu
l'Esprit-Saint (Actes 9, 17-18). L'huile est certes pour les Orientaux
un signe de lumière (lampes à huile), de guérison
(baumes), et de consécration (onction pour les sacrements avec appel
à l'Esprit-Saint).
Par son modèle d'origine, ces exsudations invitent à la libération et à la consécration de la Russie. Notre-Dame de Kazan, vénérée depuis le XVIIème siècle comme la "Libératrice de Russie", sera à nouveau honorée. L'attention générale sera sans doute de plus en plus éveillée quant au retour glorieux de l'Icône, récemment transférée de Fatima à Rome*, jusque dans la nouvelle cathédrale dédiée à Notre-Dame de Kazan, reconstruite à partir de novembre 1990, sur la Place Rouge à Moscou. Alors, se réalisera une des prophéties de Fatima : la conversion de la Russie (après avoir répandu l'erreur du communisme athée et détruit des nations) qui glorifiera Jésus, comme ce fut aussi annoncé par la Vierge Marie à Medjugorje. Or, les chrétiens russes sont des Orthodoxes en majorité. L'Icône miraculeuse Notre-Dame de Kazan, relayée aujourd'hui par Notre-Dame de Soufanieh, où la Vierge Marie présente à chacun son Fils Jésus, est ainsi une invitation silencieuse à l'unité des Chrétiens.
Son retour en Russie devrait inaugurer le triomphe des Deux Cœurs. Le nombre des baptêmes, déjà considérable, depuis la déclaration de la liberté de culte en Russie le ler octobre 1990 (fête de Sainte Thérèse de L'Enfant Jésus), devrait encore augmenter.
Les reliques de notre Sainte de Lisieux, qui accomplissent cette année un long périple en Russie, en Ukraine, en Lituanie et en Biélo-Russie, devraient y faire pleuvoir des grâces de conversion. Par l'Unité des Chrétiens, les bénédictions divines renouvelleront la face de la terre.
Souhaitons déjà que la réconciliation des cœurs - "le pardon, c'est la meilleure chose" a dit la Vierge Marie à Myrna le 21 février 1983 - soit le ferment qui se répande partout rapidement et conduise à cette unité tant désirée dans l'amour de Dieu et de notre prochain.
Docteur Philippe Loron
(*) Sans doute, dans l'espoir que le Pape soit un jour invité en Russie, et qu'il offre cette Icône aux Orthodoxes
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