Une page d'Évangile
Soufanieh a été pour moi, et pour beaucoup je crois, au
pied de la lettre, des pages d'Évangile vécu. Prenez
par exemple la transformation, non seulement de Nicolas
et de Myrna, mais la disponibilité au Seigneur de toute
la famille et de tant d'autres personnes.
Je vous garantis que pendant les quarante-cinq premiers
jours du phénomène, il y avait en totale disponibilité,
en plus de Myrna et Nicolas, vingt-sept personnes.
Vingt-sept personnes qui étaient, je dirais, sur le
pied de guerre, en disponibilité totale, en service
permanent pour accueillir les gens, surtout les
malades, et pour prier avec eux. Le papa et la maman,
les frères et les soeurs de Myrna. La maman de
Nicolas, une vieille femme toute ratatinée, qui mesure
à peine un mètre cinquante, qui pèse à peine 35 kg, et
qui, jusqu'à maintenant, ne fait que dire: «Je suis aux
ordres de Marie». Et qui passe ses nuits et ses jours à
nettoyer la maison, sans aucune plainte, pour que la
maison soit propre pour les visiteurs de Marie. Plus
ses frères et ses soeurs, leurs maris, leurs enfants,
le voisinage... J'ai compté: pendant les quarante-cinq
premiers jours, exactement vingt-sept personnes
constamment disponibles, en prière et en service, pour
tout et pour tous.
Bien sûr, comme dans l'Évangile, il y a eu aussi des
gens qui ont cherché à profiter un peu de ce phénomène.
Des personnes qui prétendaient être l'objet de visions,
de grâces, de je ne sais quoi, d'un tas de choses, et
qui cherchaient à s'attirer les regards et l'estime des
gens. Il y a eu des gens qui ont essayé de profiter de
ce phénomène pour se mettre un peu en relief.
C'est tout à fait l'Évangile. Quand on voit comment
les Apôtres eux-mêmes ont cherché à exploiter Jésus et
même, comme saint Pierre, à le détourner de sa mission
au point que Jésus lui a dit: «Arrière de moi, Satan!»
(Mt 16, 23), on s'explique les choses. On ne s'étonne
pas.
Croyez-moi, seuls Myrna et Nicolas, avec leurs parents les plus proches, étaient complètement effacés. Effacés et déroutés, ne sachant que faire, cherchant à prier mais quelquefois ne sachant comment prier. Et donc, se laissant emporter par une sorte de spontanéité naturelle. Donc, il y a l'appel et la réponse. Et la réponse peut être très variée. Mais en général, à Soufanieh, cela a été une disponibilité, une joie et un effacement total devant Dieu, dans la prière.