Extrait : Feu et Lumière – No 114 – Janvier
1994 – Editorial
"Le zèle de ta maison me dévore". A
l'heure où nous nous préparons au rendez-vous de prière annuel pour l'unité des chrétiens, invoquons l'Esprit Saint afin d'être
renouvelés dans notre désir de l'unité visible de l'Eglise sur la terre
pour l'amour et l'honneur de Dieu.
Sur le plan mystique,
le Corps du Christ ne peut être divisé, il est un et nous devons contempler cette unité pour fortifier notre foi, notre espérance et notre amour. Nous
sommes ancrés par les vertus dans ce déjà là qui
fait que tous ceux qui confessent que Jésus-Christ est Seigneur, qu'il est vrai Dieu et vrai homme, qui ont été conformés à sa mort et sa
résurrection, ceux-là sont frères et membre d'un
même corps, car il n'y a qu'une seule foi, qu'un seul baptême car il n'y a qu'un seul Seigneur. Cette réalité nous devons en vivre et la vivre, la
manifester, la rendre visible dans nos contacts, nos
relations, nos manifestations. Jésus n'a jamais dit : «Que je sois un» mais : « Qu'ils soient un comme
toi et moi, Père, nous sommes un.»
Etre zélé, ce n'est
pas être zélateur, autrement dit ce n'est pas chercher à convertir. Le respect que nous éprouvons pour nos frères et soeurs vient avant tout de l'amour.
En effet, le mystère de l'Eglise est un
mystère d'amour. Dieu est amour, la Trinité sainte est relation amoureuse et respectueuse des personnes. Notre vocation oecuménique se confond avec
celle de Thérèse de Lisieux : "être amour au
coeur de l'Eglise". L'amour divin est humble et miséricordieux. L'humilité et la miséricorde doivent transparaître dans nos démarches.
L'oecuménisme, contemplant ce mystère
d'amour, cherche d'abord à transfigurer les blessures non à les nier, il prend donc l'humble et doux chemin de la repentance. C'est vrai par rapport
aux Eglises soeurs et sans doute encore davantage par rapport à
Israël.
L'obstacle c'est l'orgueil. Il y a un orgueil d'Eglise comme il y a un
orgueil de classe et les deux se confondent
parfois. Cet orgueil d'appartenir au bon côté, à la bonne confession, celle qui
a tout ! Orgueil séculaire des chrétiens qui ont cru
se substituer à Israël alors que les dons de Dieu sont sans repentance, orgueil d'être la fille aînée de l'Eglise alors
que chacun sait que Dieu bénit souvent les
cadets, orgueil intellectuel des uns se prenant pour une élite, orgueil des autres croyant posséder la plénitude des dons de l'Esprit ! Humilions-nous
devant Dieu et devant nos frères car Dieu lui-même est humble.
Frère Ephraïm